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Le 24 avril 2002 dans le monde
Manifestations à Athènes et Salonique en mémoire
du génocide arménien
Quelque 8.000 Arméniens manifestent à Téhéran
contre la Turquie et Israël
Erévan : 2.000 Arméniens brûlent des
drapeaux turcs ornés de l'étoile de David
Commémoration du génocide : Messsage du président arménien Robert Kotcharian A loccasion du 24 Avril et du 87ème anniversaire du génocide
arménien, le président Kotcharian sest adressé
aux Arméniens du monde entier : Chers Compatriotes : Aujourdhui,
comme chaque année, tout le peuple arménien commémore
la mémoire des victimes du génocide arménien. En
ce jour de lannée 1915, avec les arrestations des intellectuels
et des religieux, débutait en Turquie Ottomane, la réalisation
dun crime organisé par lEtat, et qui allait devenir
la page la plus tragique de lHistoire du peuple arménien.
Lavenir de tout un peuple ayant crée une civilisation et
une culture millénaire en son berceau naturel, fut mis en question.
Le destin de toutes les factions du peuple arménien porte jusquà
aujourdhui le lourd sceau des événements tragiques
du début du siècle précédent. La poursuite
de la reconnaissance internationale du génocide arménien
sur lagenda de la politique étrangère de la République
dArménie est lexpression des revendications et attentes
légitimes du peuple arménien. Toutes les factions des Arméniens
habitant lArménie et dispersées de par le monde continuent
aujourdhui despérer la reconnaissance et la condamnation
du crime commis contre lhumanité. Ceci nest point lexpression
de sentiments vengeurs, mais le souci dexclure la répétition
de crimes semblables. Aujourdhui nous nous inclinons devant le souvenir
de nos martyrs avec la profonde conviction que le rétablissement
de la justice historique est inévitable. Nous regardons avec foi
lavenir, les lendemains heureux de notre pays et de notre Etat,
que tous les Arméniens bâtiront avec leurs efforts et dévouements
communs. Robert Kotcharian, Président de la République dArménie
Selon un cérémonial devenu depuis longtemps traditionnel,
dès 8-9 heures du matin du 24 Avril et toute la journée,
jusquau soir, officiels de lEtat, le président de la
république, le premier ministre et le président de lAssemblée
Nationale en tête, ministres, hommes politiques, représentants
des corps diplomatiques étrangers, représentants de lEglise
le Catholicos Karékine II en tête, représentants des
partis politiques et organisations publiques, responsables et soldats
de larmée, hôtes de la diaspora et une grande majorité
de la population locale ne cessèrent descalader aux sons
de tristes mélodies nationales classiques la pente de la colline
du parc de Dzidzernakaperd. Des centaines de milliers dArménien
sont venus sincliner devant la flamme éternelle située
au centre du mémorial du génocide de 1915 pour honorer la
mémoire des victimes, et ont déposé une fleur sur
le rebord de pierre qui entoure et surmonte la flamme. Saccumulant
jusquau soir, ces fleurs, modestes et muettes témoins de
la mémoire collective de tout un peuple ont fomé un muret
qui dépassait le mètre. Auparavant, officiels et à
leur suite les représentants des corps diplomatiques étrangers
avaient visité le musée du génocide qui se trouve
à quelques pas du mémorial. Le jour même sétait
en effet ouvert lexposition des toiles du célèbre
peintre français dorigine arménienne, Hovhannès
Semerdjian ou Jansem, de visite en Arménie pour une semaine, qui
avait décidé doffrir au musée sa série
de 34 toiles consacrées aux massacres des Arméniens. Lexposition
fonctionnera pendant deux mois, à lissue desquels les toiles
demeureront la propriété du musée du génocide.
Après la visite du musée, les officiels déposèrent
fleurs et couronnes au pied du mémorial et de la flamme éternelle,
alors que le Catholicos et les élèves du séminaire
célèbraient un requiem à la mémoire des victimes.
Puis ce fut le défilé de la population. Au soir, des centaines
détudiants venus de toutes les régions dArménie
se sont rassemblés place de lopéra baptisé
place de la liberté pour participer à un défilé
aux flambeaux vers le mémorial du génocide. Quelques-uns des ambassadeurs étrangers qui étaient venus
honorer la mémoire des victimes du génocide de 1915 se sont
exprimé à ce sujet : -lambassadeur de Russie, Anatoly
Drukov : " naturellement, cest un sentiment de peine et daffliction
qui domine en visitant ces lieux. Et bien sûr également il
faut tout faire pour exclure le renouvellement de tels phénomènes.
Il ny a rien de plus précieux au monde que la vie humaine.
Et je répète, nous ferons aujourdhui tout pour que
de tels phénomènes ne se répètent jamais,
dans aucun pays ". -lambassadeur dEgypte, Saïd Imam
Mahmoud Saïd : " jexprime mes regrets pour ce qui sest
passé, et également, je désire saluer la forte volonté
du peuple arménien, grâce à laquelle, malgré
de nombreuses difficultés, il a pu se relever et persister ".
-lambassadeur dIrak, Abdal Kadari : " le génocide
est un problème universel. Nous aimons les Arméniens, et
nous regrettons ce qui sest passé en 1915. Nous aussi nous
avons nos problèmes et nos victimes. Par exemple, la question de
Palestine est tout aussi douloureuse et importante pour nous ". -Tibor
Tsabaï, député de Slovaquie : " je crois quaprès
un travail préliminaire précis, notre Parlement aussi reconnaîtra
le génocide, car cest le plus terrible de lHistoire
". Le Premier Ministre Jean Chrétien du Canada sest adressé
à la communauté arménienne de son pays : " cétait
un malheur dont a souffert tout le peuple arménien " déclare-t-il
entre autres. " Les Canadiens partagent sincèrement la plus
grande douleur des Arméniens. Par suite des guerres de lEmpire
Ottoman chacun deux fut condamné à un destin cruel.
Beaucoup furent sauvés et se réfugièrent au Canada.
Aujourdhui, la grande contribution que ceux-ci et leurs héritiers
apportèrent au processsus du développement de notre pays
nous met en devoir de reconnaître et de condamner ce crime ".
Le maire de Yérévan, Robert Nazarian a remis la médaille
des armoiries de Yérévan à Lavrenti Barseghian, le
directeur du musée du génocide, pour son grand rôle
dans la reconnaissance internationale du génocide arménien.
Ce dernier a été félicité par 16 vieillards
rescapés du génocide. Lagence Noyan Tapan rapporte
que Barseghian a déclaré quaujourdhui les parlements
de 13 pays avaient reconnu le génocide, et quil était
important aujourdhui pour les Arméniens que celui-ci soit
reconnu et condamné surtout par lAutriche, lAllemagne
et la Grande Bretagne qui ont participé à la première
guerre mondiale et ont été les témoins de la tragédie
des Arméniens. Selon Barseghian les choses avaient commencé
à bouger à ce niveau-là, mais lannée
précédente les Parlements de ces trois pays ont retiré
cette question de leur-ordre-du jour. " LAllemagne qui était
lalliée de la Turquie au cours de la première guerre
mondiale, était donc de fait complice du génocide. Jusquà
aujourdhui pourtant, elle ne désire pas le condamner "
aurait souligné Barseghian. Selon Barseghian, le processus de la
reconnaissance internationale du génocide arménien se serait
ralenti au cours des deux dernières années en raison de
la politique américaine. Un des principaux obstacles selon Barseghian
aurait été la création du comité de réconciliation
turco-arménien CRAT-. Par ailleurs, il y a deux ans, la question
a été retirée de lordre du jour du Congrès
US à la demande du président Clinton qui " justifiait
" sa demande par la situation du proche-orient. Mais en réalité,
selon le directeur du musée du génocide, Clinton aurait
réagi positivement à une demande du gouvernement turc. Lavrenti
Barseghian aurait estimé quil fallait amorcer un dialogue
avec la Turquie car les relations turco-arméniennes inter-Etats
étaient nécessaires et que lon ne pouvait se figurer
deux pays voisins qui nauraient pas de relations diplomatiques,
mais qu " il ne fallait pas oublier le passé au profit
des relations diplomatiques, et quil fallait rappeler toujours à
la Turquie le génocide arménien ". Notons enfin, que
selon les données de la mairie de Erevan, aujourdhui, 450
rescapés du génocide vivent encore dans la capitale arménienne..
Le président américain George W. Bush a exprimé
hier l'espoir que la Turquie transcende le passé et normalise ses
relations avec l'Arménie, en rappelant les victimes du génocide
arménien perpétré de 1915 à 1917 sous l'Empire
Otoman. Le locataire de la Maison Blanche a, dans un communiqué,
appelé le monde à tirer les leçons de cette "affreuse
tragédie" , ajoutant que la haine se nourrissait de la diabolisation
de tiers, de la mémoire douloureuse du passé et que seule
une détermination éclairée (pouvait) forcer un nouvel
avenir fondé sur la vérité et la réconciliation.
Dans cet esprit, j'espère, dit-il, "que la Turquie restaurera
ses liens économiques, politiques et culturels avec l'Arménie",
a déclaré M. Bush dans ce communiqué publié
lors d'un déplacement présidentiel à Sioux Falls,
dans le Dakota du Sud (Nord). M. Bush a par ailleurs affirmé la
solidarité des Américains avec les Arméniens et rappelé
l'appui apporté par le gouvernement d'Erevan aux Etats-Unis dans
la guerre contre le terrorisme. Il a affirmé que les Etats-Unis
renforceraient leur coopération en matière de sécurité
avec l'Arménie et ses voisins, "pour combattre la terreur
et rechercher un règlement juste et durable dans le conflit du
Nagorny-Karabakh qui renforcera la paix et la stabilité dans le
Caucase". Le Président Bush, qui n'a une nouvelle fois pas
employé explicitement le terme de génocide, a cependant
fait un pas de plus vers l'explicitation de ce terme, notamment en appelant
nommément la Turquie à prendre ses responsabilités.
Les manifestations de commémoratio du génocide arménien
ont à nouveau mobilisé des milliers de personnes en France.
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