Le 24 avril 2002 dans le monde

 


G.W. Bush appelle la Turquie à normaliser ses relations avec l'Arménie

Le président américain George W. Bush a exprimé l'espoir mercredi que la Turquie transcende le passé et normalise ses relations avec l'Arménie, en rappelant les victimes du génocide arménien perpétré de 1915 à 1917 sous l'Empire Ottoman.
Le président a, dans un communiqué, appelé le monde à tirer les leçons de cette "affreuse tragédie". "Transcender cette tendance empoisonnée requiert une introspection douloureuse du passé et une détermination éclairée pour forcer un nouvel avenir fondé sur la vérité et la réconciliation. Dans cet esprit, j'espère que la Turquie restaurera ses liens économiques, politiques et culturels avec l'Arménie", a déclaré M. Bush dans ce communiqué publié lors d'un déplacement présidentiel à Sioux Falls, dans le Dakota du Sud (Nord). M. Bush a par ailleurs affirmé la solidarité des Américains avec les Arméniens et rappelé l'appui apporté par le gouvernement d'Erevan aux Etats-Unis dans la guerre contre le terrorisme.
Il a affirmé que les Etats-Unis renforceraient leur coopération en matière de sécurité avec l'Arménie et ses voisins, "pour combattre la terreur et rechercher un règlement juste et durable dans le conflit du Nagorny-Karabakh qui renforcera la paix et la stabilité dans le Caucase".

 

Manifestations à Athènes et Salonique en mémoire du génocide arménien

Quelque 500 personnes ont manifesté mercredi 24 avril 2002 à Athènes et à Salonique (nord) pour célébrer le 87e anniversaire du déclenchement du génocide arménien en 1915.
Près de 150 personnes se sont rassemblées mercredi devant l'ambassade de Turquie à Athènes à l'appel du Comité national arménien de Grèce, avec la présence de délégations d'étudiants palestiniens et des jeunesses des partis grecs. Les manifestants tenaient des banderoles proclamant notamment "la reconnaissance du génocide par la Turquie". Ils ont crié des slogans hostiles à la politique turque et ont brûlé un drapeau turc, avant de coller sur la porte de l'ambassade une pétition et de se disperser sans incidents.
A Salonique, une manifestation de 300 personnes s'est également déroulée devant le consulat turc de la ville. Des incidents limités entre manifestants et policiers ont eu lieu, quand les premiers ont tenté de rompre le cordon des forces de l'ordre, selon une source policière. La Grèce reconnaît officiellement le génocide depuis l'adoption, en 1997 par le parlement grec, d'une loi faisant du 24 avril le "jour de la mémoire du génocide des Arméniens par le régime turc".

 


L'Arménie commémore les victimes du génocide de 1915

L'Arménie a commémoré mercredi 24 avril 2002 les victimes du génocide perpétré sous l'Empire Ottoman de 1915 à 1917, le président Robert Kotcharian réclamant "la condamnation de ce crime contre l'humanité" par l'ensemble de la communauté internationale. "Le peuple arménien vivant dans sa patrie ou éparpillé dans le monde entier, continue d'attendre la reconnaissance et la condamnation de ce crime contre l'humanité", a déclaré M Kotcharian, selon un communiqué diffusé par la présidence arménienne. "Il ne s'agit pas d'une vengeance, mais d'une volonté d'éviter que cela se reproduise", a ajouté M. Kotcharian qui a déposé dans la matinée une gerbe au monument érigé à la mémoire des victimes, sur la colline Dzitsernagaberd.
Par ailleurs, à 82 ans, le peintre français d'origine arménienne Jansem, de son vrai nom Jean Semerdjian, est venu à Erevan offrir mercredi au musée du Génocide 34 de ses toiles consacrées à ce sujet et peintes d'après les descriptions de ses parents.

 

Quelque 8.000 Arméniens manifestent à Téhéran contre la Turquie et Israël

Quelque 8.000 Arméniens ont manifesté mercredi à Téhéran pour commémorer le génocide de 1915, scandant des slogans contre la Turquie, mais aussi contre Israël. "Pays du monde, reconnaissez le génocide", "A bas le gouvernement fasciste turc", "Palestine vaincra, Israël sera vaincu", scandaient les manifestants, emmenés depuis la cathédrale Saint-Sarkis par l'archevèque arménien de Téhéran Mgr Sabou Sarkissian, de nombreux prêtres et des personnalités arméniennes. Le rassemblement a pris fin devant le siège de l'ONU à Téhéran."Ceux qui oublient le passé, sont ceux qui peuvent le rééditer", arboraient de nombreux jeunes manifestants sur leurs T-shirts. Les manifestants, dans un communiqué, ont demandé la reconnaissance et la condamnation du "fait indéniable du génocide", notamment par le Parlement iranien. Le texte demande aussi à l'Union européenne de "rejeter" la demande d'adhésion de la Turquie.

 

Erévan : 2.000 Arméniens brûlent des drapeaux turcs ornés de l'étoile de David

Environ 2.000 jeunes Arméniens ont défilé mardi 23 avril 2002 dans Erevan à la veille de la commémoration du génocide de 1915, brûlant des drapeaux turcs sur lesquels avaient été accrochés des étoiles de David et accusant Israël de commettre un nouveau génocide contre les Palestiniens.
Le défilé, organisé par l'organisation étudiante du parti arménien Dachnaktsoutioun, a commencé Place de la Liberté au centre d'Erevan où a été brûlé un premier drapeau turc.
Un second drapeau a été brûlé face à l'ambassade américaine, puis un troisième devant le monument aux victimes du génocide de 1915, situé sur une hauteur d'Erevan. "Nous condamnons Israël pour sa politique menée contre le peuple palestinien", a déclaré un des organisateurs de la manifestation, Areg Savgalian. "Le peuple israélien, qui a vécu lui-même l'holocauste, mène maintenant un génocide contre le peuple palestinien, tout en refusant de reconnaître le génocide du peuple arménien , a-t-il ajouté. Il a également fustigé "le pouvoir turc qui est incapable de reconnaître le génocide du peuple arménien , empêchant toute normalisation des relations entre les deux pays. Les manifestants ont également réclamé la reconnaissance du génocide par le gouvernement américain, et ont adopté un appel lancé à 30 pays pour "tirer les leçons du passé au nom de l'avenir".

 

Commémoration du génocide : Messsage du président arménien Robert Kotcharian

A l’occasion du 24 Avril et du 87ème anniversaire du génocide arménien, le président Kotcharian s’est adressé aux Arméniens du monde entier : Chers Compatriotes : Aujourd’hui, comme chaque année, tout le peuple arménien commémore la mémoire des victimes du génocide arménien. En ce jour de l’année 1915, avec les arrestations des intellectuels et des religieux, débutait en Turquie Ottomane, la réalisation d’un crime organisé par l’Etat, et qui allait devenir la page la plus tragique de l’Histoire du peuple arménien. L’avenir de tout un peuple ayant crée une civilisation et une culture millénaire en son berceau naturel, fut mis en question. Le destin de toutes les factions du peuple arménien porte jusqu’à aujourd’hui le lourd sceau des événements tragiques du début du siècle précédent. La poursuite de la reconnaissance internationale du génocide arménien sur l’agenda de la politique étrangère de la République d’Arménie est l’expression des revendications et attentes légitimes du peuple arménien. Toutes les factions des Arméniens habitant l’Arménie et dispersées de par le monde continuent aujourd’hui d’espérer la reconnaissance et la condamnation du crime commis contre l’humanité. Ceci n’est point l’expression de sentiments vengeurs, mais le souci d’exclure la répétition de crimes semblables. Aujourd’hui nous nous inclinons devant le souvenir de nos martyrs avec la profonde conviction que le rétablissement de la justice historique est inévitable. Nous regardons avec foi l’avenir, les lendemains heureux de notre pays et de notre Etat, que tous les Arméniens bâtiront avec leurs efforts et dévouements communs. Robert Kotcharian, Président de la République d’Arménie


Arménie : Commémoration du génocide : des centaines de millers d'Arméniens

Selon un cérémonial devenu depuis longtemps traditionnel, dès 8-9 heures du matin du 24 Avril et toute la journée, jusqu’au soir, officiels de l’Etat, le président de la république, le premier ministre et le président de l’Assemblée Nationale en tête, ministres, hommes politiques, représentants des corps diplomatiques étrangers, représentants de l’Eglise le Catholicos Karékine II en tête, représentants des partis politiques et organisations publiques, responsables et soldats de l’armée, hôtes de la diaspora et une grande majorité de la population locale ne cessèrent d’escalader aux sons de tristes mélodies nationales classiques la pente de la colline du parc de Dzidzernakaperd. Des centaines de milliers d’Arménien sont venus s’incliner devant la flamme éternelle située au centre du mémorial du génocide de 1915 pour honorer la mémoire des victimes, et ont déposé une fleur sur le rebord de pierre qui entoure et surmonte la flamme. S’accumulant jusqu’au soir, ces fleurs, modestes et muettes témoins de la mémoire collective de tout un peuple ont fomé un muret qui dépassait le mètre. Auparavant, officiels et à leur suite les représentants des corps diplomatiques étrangers avaient visité le musée du génocide qui se trouve à quelques pas du mémorial. Le jour même s’était en effet ouvert l’exposition des toiles du célèbre peintre français d’origine arménienne, Hovhannès Semerdjian ou Jansem, de visite en Arménie pour une semaine, qui avait décidé d’offrir au musée sa série de 34 toiles consacrées aux massacres des Arméniens. L’exposition fonctionnera pendant deux mois, à l’issue desquels les toiles demeureront la propriété du musée du génocide. Après la visite du musée, les officiels déposèrent fleurs et couronnes au pied du mémorial et de la flamme éternelle, alors que le Catholicos et les élèves du séminaire célèbraient un requiem à la mémoire des victimes. Puis ce fut le défilé de la population. Au soir, des centaines d’étudiants venus de toutes les régions d’Arménie se sont rassemblés place de l’opéra baptisé place de la liberté pour participer à un défilé aux flambeaux vers le mémorial du génocide.


Commémoration du génocide : réactions d'ambassadeurs

Quelques-uns des ambassadeurs étrangers qui étaient venus honorer la mémoire des victimes du génocide de 1915 se sont exprimé à ce sujet : -l’ambassadeur de Russie, Anatoly Drukov : " naturellement, c’est un sentiment de peine et d’affliction qui domine en visitant ces lieux. Et bien sûr également il faut tout faire pour exclure le renouvellement de tels phénomènes. Il n’y a rien de plus précieux au monde que la vie humaine. Et je répète, nous ferons aujourd’hui tout pour que de tels phénomènes ne se répètent jamais, dans aucun pays ". -l’ambassadeur d’Egypte, Saïd Imam Mahmoud Saïd : " j’exprime mes regrets pour ce qui s’est passé, et également, je désire saluer la forte volonté du peuple arménien, grâce à laquelle, malgré de nombreuses difficultés, il a pu se relever et persister ". -l’ambassadeur d’Irak, Abdal Kadari : " le génocide est un problème universel. Nous aimons les Arméniens, et nous regrettons ce qui s’est passé en 1915. Nous aussi nous avons nos problèmes et nos victimes. Par exemple, la question de Palestine est tout aussi douloureuse et importante pour nous ". -Tibor Tsabaï, député de Slovaquie : " je crois qu’après un travail préliminaire précis, notre Parlement aussi reconnaîtra le génocide, car c’est le plus terrible de l’Histoire ".


Commémoration du génocide : Message de Jean Chrétien

Le Premier Ministre Jean Chrétien du Canada s’est adressé à la communauté arménienne de son pays : " c’était un malheur dont a souffert tout le peuple arménien " déclare-t-il entre autres. " Les Canadiens partagent sincèrement la plus grande douleur des Arméniens. Par suite des guerres de l’Empire Ottoman chacun d’eux fut condamné à un destin cruel. Beaucoup furent sauvés et se réfugièrent au Canada. Aujourd’hui, la grande contribution que ceux-ci et leurs héritiers apportèrent au processsus du développement de notre pays nous met en devoir de reconnaître et de condamner ce crime ".



Commémoration du génocide : Lavrenti Barséghian met en cause le CRAT

Le maire de Yérévan, Robert Nazarian a remis la médaille des armoiries de Yérévan à Lavrenti Barseghian, le directeur du musée du génocide, pour son grand rôle dans la reconnaissance internationale du génocide arménien. Ce dernier a été félicité par 16 vieillards rescapés du génocide. L’agence Noyan Tapan rapporte que Barseghian a déclaré qu’aujourd’hui les parlements de 13 pays avaient reconnu le génocide, et qu’il était important aujourd’hui pour les Arméniens que celui-ci soit reconnu et condamné surtout par l’Autriche, l’Allemagne et la Grande Bretagne qui ont participé à la première guerre mondiale et ont été les témoins de la tragédie des Arméniens. Selon Barseghian les choses avaient commencé à bouger à ce niveau-là, mais l’année précédente les Parlements de ces trois pays ont retiré cette question de leur-ordre-du jour. " L’Allemagne qui était l’alliée de la Turquie au cours de la première guerre mondiale, était donc de fait complice du génocide. Jusqu’à aujourd’hui pourtant, elle ne désire pas le condamner " aurait souligné Barseghian. Selon Barseghian, le processus de la reconnaissance internationale du génocide arménien se serait ralenti au cours des deux dernières années en raison de la politique américaine. Un des principaux obstacles selon Barseghian aurait été la création du comité de réconciliation turco-arménien –CRAT-. Par ailleurs, il y a deux ans, la question a été retirée de l’ordre du jour du Congrès US à la demande du président Clinton qui " justifiait " sa demande par la situation du proche-orient. Mais en réalité, selon le directeur du musée du génocide, Clinton aurait réagi positivement à une demande du gouvernement turc. Lavrenti Barseghian aurait estimé qu’il fallait amorcer un dialogue avec la Turquie car les relations turco-arméniennes inter-Etats étaient nécessaires et que l’on ne pouvait se figurer deux pays voisins qui n’auraient pas de relations diplomatiques, mais qu’ " il ne fallait pas oublier le passé au profit des relations diplomatiques, et qu’il fallait rappeler toujours à la Turquie le génocide arménien ". Notons enfin, que selon les données de la mairie de Erevan, aujourd’hui, 450 rescapés du génocide vivent encore dans la capitale arménienne..


Bush appelle la Turquie à normaliser ses relations avec l'Arménie.

Le président américain George W. Bush a exprimé hier l'espoir que la Turquie transcende le passé et normalise ses relations avec l'Arménie, en rappelant les victimes du génocide arménien perpétré de 1915 à 1917 sous l'Empire Otoman. Le locataire de la Maison Blanche a, dans un communiqué, appelé le monde à tirer les leçons de cette "affreuse tragédie" , ajoutant que la haine se nourrissait de la diabolisation de tiers, de la mémoire douloureuse du passé et que seule une détermination éclairée (pouvait) forcer un nouvel avenir fondé sur la vérité et la réconciliation. Dans cet esprit, j'espère, dit-il, "que la Turquie restaurera ses liens économiques, politiques et culturels avec l'Arménie", a déclaré M. Bush dans ce communiqué publié lors d'un déplacement présidentiel à Sioux Falls, dans le Dakota du Sud (Nord). M. Bush a par ailleurs affirmé la solidarité des Américains avec les Arméniens et rappelé l'appui apporté par le gouvernement d'Erevan aux Etats-Unis dans la guerre contre le terrorisme. Il a affirmé que les Etats-Unis renforceraient leur coopération en matière de sécurité avec l'Arménie et ses voisins, "pour combattre la terreur et rechercher un règlement juste et durable dans le conflit du Nagorny-Karabakh qui renforcera la paix et la stabilité dans le Caucase". Le Président Bush, qui n'a une nouvelle fois pas employé explicitement le terme de génocide, a cependant fait un pas de plus vers l'explicitation de ce terme, notamment en appelant nommément la Turquie à prendre ses responsabilités.


Plusieurs milliers de personnes en France pour le 24 avril.

Les manifestations de commémoratio du génocide arménien ont à nouveau mobilisé des milliers de personnes en France.
À Paris la messe célébrée dans l’Eglise arménienne St Jean-Baptiste a rassemblé beaucoup de monde parmi lesquels Mme Bernadette Chirac, Jacques Toubon, ou Pierre Lellouche. A 18 heures, plusieurs milliers de personnes se sont réunies pour la cérémonie du souvenir sur la tombe du soldat inconnu sous l’Arc de Triomphe. Près de 5000 personnes ont ensuite manifesté vers l’ambassade de Turquie. Parmi les différentes prises de parole, celle du défenseur turc des droits de l’homme Ali Ertem, a été particulièrement remarqué. Le militant qui vit en Allemagne a appelé son pays à reconnaître le génocide arménien. C’est la première fois qu’un discours a été prononcé en langue turque lors d’une manifestation du 24 avril à Paris. A Marseille 1500 personnes étaient présentes à 16 heures sur la place Castellane où des représentants de la communauté et des personnalités politiques locales (Patrick Menuci, vice-président du conseil régional, et Roland Blum, député maire) ont pris la parole. À 17 heures, une manifestation s’est dirigée vers le consulat de Turquie. À Lyon, plus de 1200 personnes se sont rassemblées à la Bourse du Travail pour un débat auquel participait notamment le maire Gérard Collomb l’historien Yves Ternon,, Thierry Kepéneguian du CDCA, et Alain Jacubowisc représentant du crif venu apporté le soutien de la communauté juive de la région. Cette réunion, s’est conclue à 18 heures par une manifestation dirigée vers le Consulat de Turquie.

Le programme du 24 avril 2002 en France