Le Parlement Européen réaffirme que la reconnaissance du génocide arménien par la Turquie est un préalable à son adhésion à l'Union Européenne

Mercredi 15 novembre, le Parlement Européen a adopté une résolution demandant à la Turquie de reconnaître publiquement le génocide arménien et de retirer ses troupes du nord de Chypre.

Dans un amendement au rapport Morillon sur les "progrès réalisés par la Turquie sur la voix de l'adhésion" à l'Union Européenne, le Parlement a invité les autorités turques à "accroître leur soutien à la minorité arménienne, notamment par la reconnaissance publique du génocide".

L'amandement N.25 déposé par un député grec du PPE, Giorgios Dimitrakopoulos a été adopté par 234 voix pour, 213 contre et 93 abstentions. L'amendement a divisé les eurodéputés qui ont voté en ordre dispersé.

Le compte rendu des débats au Parlement Européen relatifs à cet amendement sont parus au journal officiel daté du 14 novembre 2000.

L'Assemblée Européenne, demande également au gouvernement turc de retirer son armée du nord de Chypre où elle se trouve depuis 1974, malgré les résolutions des instances internationales.

De son coté, Philippe Morillon était opposé à l'amandement sur la reconnaissance du génocide arménien. L'ancien militaire estime qu'on ne peut pas "bâtir un avenir de paix et de stabilité en ne cessant de ranimer les rancoeurs du passé".

La Turquie a accédé au statut de candidat à l'Union Européenne en décembre dernier au sommet d'Helsinki, mais Bruxelles n'a pas engagé des négociations d'adhésion avec Ankara.

Gunter Verheugen, commissaire européen pour l'élargissement a rappelé que pour l'instant, il n'était pas question d'ouverture de négociations : "nous attendons de la Turquie des réformes de grande ampleur et des engagements fermes", a-t-il déclaré.

Mardi 14 novembre quelques 500 arméniens s'étaient rassemblé à l'appel du Comité de Défense de la Cause Arménienne devant le Parlement Européen à Strasbourg pour demander aux députés de fixer la reconnaissance du génocide arménien comme une condition préalable à son adhésion à l'Union Européenne.